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Moquerie(s)

septembre 2020

Pour connaitre l’état de mon humeur, si je me moque de moi-même c’est que tout va bien, si je n’y arrive pas, attention pente glissante. Je ne suis pas seule dans ce cas, mais je sais que pour certains, c’est le contraire. Le plus révélateur c’est de constater l’effet de ces petites moqueries venant des autres (je ne parle pas de réflexions méchantes, mais de moqueries). Je communique avec le reste du monde principalement à l’écrit sur diverses plateformes ou divers services, aussi pour le boulot. Ça ajoute une distance et une difficulté supplémentaire à la communication humaine (qui me convient parfaitement par ailleurs).

Si j’ai le moral en berne avec ou sans bonnes raisons, avec ou sans explications plausibles, l’humour potache me déprime au plus haut point.
Les jeux de mots et les calembours, contrepèteries de toutes sortes c’est pire.
C’est comme si on me jetait des seaux d’eau froide. Et je n’aime pas les seaux d’eau froide, étonnamment…

Il y a trois personnes [1] qui arrivent à me faire rire, quel que soit mon état ou presque. Deux d’entre eux sont des compagnons de route depuis quelque temps déjà, rejoints il y a peu par une nouvelle dague admirablement bien aiguisée. Et c’est précieux. Très.

Parce que le rire sauve de tout, ces trois-là, je les garde bien au chaud. D’aucuns s’y sont essayés en se cassant parfois le nez, rendant plus pénible encore ce qui l’était déjà. L’intention était bonne, mais le remède presque pire que le mal.

Il ne suffit pas d’être drôle, d’avoir l’esprit vif, cela ne manque vraiment pas dans mon entourage, humour et vivacité d’esprit. Ça demande un petit truc en plus, et je ne sais pas vraiment ce que c’est. Un mélange d’attention, de bienveillance, d’affection, d’autres ingrédients sûrement très personnels et, beaucoup de talent ! Le savent-ils eux-mêmes quelle est leur recette ? Pas certaine. C’est une alchimie délicate et humaine avant tout. Je suppose que ce qui fonctionne avec moi échoue avec d’autres, et inversement.

Même dans des bons moments c’est utile la moquerie parce que ça relativise. N’est-ce pas le mot clé, relativiser ? Ça aide à ne pas devenir trop dur avec soi ou avec les autres. Pour bien vivre moquez-vous donc, avec délicatesse. J’espère que parfois, j’arrive à rendre la monnaie de la pièce, ça me ferait plaisir si tel était le cas.

Pour les vraies tempêtes, celles qui déchirent les voiles et cassent les mâts de hune [2] la moquerie n’est pas toujours le plus indiqué. Même là, certains balayent d’une pique les nuages menaçants, sans faire de dégâts, sans rajouter de la peine à la peine, et c’est aussi épatant que réconfortant. Chapeau bas.

Un petit (très gros) merci à mes trublions du spleen, sans qui la vie serait une bien morne plaine. <3


[1hors cercle de famille

[2j’en ai croisé quelques-unes récemment