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Prendre soin.

août 2019

Ces derniers mois ont été physiquement douloureux.
De la tête aux pieds.
Presque sans répit.
Un incroyable enchaînement qui a fait perdre son Hippocrate à plus d’un praticien de santé.

Je ne vais pas faire le détail ici, mais je me suis nourrie d’antalgiques et d’anti-inflammatoires depuis avril et, pour finir (en tout cas je l’espère) hier j’ai eu une ponction dans une gaine de tendon de la main, sans anesthésie, pour cause de soupçons d’allergie à l’anesthésique.

Heureusement pour moi, les techniques modernes ont permis de faire cette petite intervention sous échographie avec une précision incroyable ! C’est très petit, une gaine de tendon :) J’ai quand même failli tourner de l’œil parce que la douleur est vraiment profonde et violente, mais j’ai tenu bon, sous les compliments et les encouragements du praticien, qui était d’une grande gentillesse, et ça aide vraiment beaucoup dans ce cas.

J’ai des douleurs en permanence depuis avril, je ne dors que 2 à 3 heures par nuit depuis une vingtaine de jours, et je dois dire que je commence à fatiguer un peu, physiquement et moralement.

J’ai l’extraordinaire chance d’avoir à mes côtés un super bonhomme, attentif, drôle et prévenant. Sans lui, je pense que le moral aurait bien flanché.
Et on sait à quel point le moral influence la gestion de la douleur…

Parallèlement depuis plusieurs mois, je n’ai plus vraiment de boulot. Une petite traversée du désert comme en connaît toutes et tous dans nos métiers ( je dis ça pour me rassurer un peu, hein ;) mais qui, tout compte fait, est arrivée de façon assez opportune à une période ou je n’aurais pas pu tenir un rythme de travail normal.

Ce n’est pas le plus grave mais j’aimerais vraiment passer à autre chose… Bien que je ne me sente pas encore tout à fait d’attaque pour préparer la rentrée qui va me demander d’être plus en forme que je ne le suis actuellement (ce n’est pas bien difficile), j’espère être sur pied en septembre, car j’ai des échéances professionnelles importantes et des opportunités à ne pas rater.

Le plus important, c’est que j’ai rencontré au cours de ces mois, beaucoup d’humanité et de gentillesse de la part des jeunes praticiens de santé (chirurgien dentiste, médecin, personnel hospitalier etc. etc. ) et c’est assez nouveau. Il y a un réel changement de protocole de prise en charge de la douleur et du ressenti du patient ces dernières années. C’est flagrant et croyez-moi pour avoir pas mal fréquenté les services hospitaliers, c’est nouveau et bienvenu.

J’ai réalisé une fois de plus, la chance que c’était de vivre dans un pays ou les soins sont si bien pris en charge, financièrement et humainement. Bien sûr tout n’est pas parfait mais je voudrais vraiment rendre hommage aux hommes et aux femmes qui prennent le soin des autres en charge.

C’est d’autant plus important qu’ils travaillent dans des conditions qui se dégradent de jours en jours.

On a vu les mesures visant à mettre à mal la protection sociale, le soin, le personnel, se multiplier durant ce mandat présidentiel.

Le démantèlement de la Sécurité sociale, de l’assurance chômage, du service public, sont autant de coups portés à un système protecteur et juste, et il faut que nous prenions tous conscience que lorsqu’ils ne seront plus, il sera trop tard pour songer à protéger les plus faibles et ceux qui en ont besoin, desquels nous pouvons tous faire partie un jour ou l’autre.

Nous ne pouvons pas laisser un homme et ses sbires au service des puissants, de la marchandisation à tout crin, balayer d’un revers de manche à boutons platine ce que nos parents, grands-parents et arrière-grands-parents ont tant peiné à construire.

Cet épisode malheureux aura eu pour effet de me convaincre encore un peu plus qu’il ne faut pas se soumettre et que même si je n’ai plus 20 ans et la fougue de la jeunesse, je ne céderai ni à la peur, ni au découragement si je peux soutenir des luttes qui ne vont pas manquer d’arriver à la rentrée prochaine.

On n’a qu’une vie, merde, on ne va pas la passer recroquevillés sur nos peurs et nos craintes.

Nous devions grimper dans le camion jaune Dimanche prochain en direction du Pays Basque mais dans l’attente des résultats, il va peut-être nous falloir décaler notre départ de quelques jours, le temps pour moi, de prendre soin de mon potager sans qui je serais condamnée à manger des tomates hollandaises emballées en Ardèche et tamponnées "Made in France" !

Au moment exact ou je termine ce billet, la jeune médecin que j’ai vu hier, m’appelle pour me donner une partie des résultats d’analyses, prendre de mes nouvelles et me proposer de passer dans la journée entre deux rendez-vous pour me donner un traitement et m’expliquer ce qu’il en est. Je ne remercierai jamais assez cette toute jeune, si compétente et si prévenante personne, et je lui dédie cette modeste prose.

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